D'une manifestation ...

Mettre en oeuvre un festival annuel des arts de la vidéo et du multimédia, c'est avant tout organiser la rencontre entre divers publics et un ensemble bigarré d'oeuvres très récentes. Celles-ci se côtoient selon un ordre improbable, ou plutôt un désordre qui met en évidence la diversité des écritures, des formes, des couleurs. Plus que toute autre, la "scène" qu'occupent les artistes émergents des arts contemporains et "technologiques" déborde largement des espaces habituellement confinés à la musique, à la danse, au théâtre, ou encore aux arts plastiques. Les métissages sont incontournables. Les points communs de tous ces artistes sont de vivre dans le même temps et d'offrir à l'homme ou à la société leur vision, leur point de vue. On ne s'étonnera donc pas de l'hétérogèneité, du désordre apparent. Bien au contraire on sortira de cet univers apparemment chaotique plus riche. Entre autres, on s'ouvrira aux questionnements engagés de Sylvie Blocher, on se sentira interpellés par Zhenjun Du et ses arrêts sur image de l'actualité, on s'imprégnera de la poésie de The Wake, ce (très) long film conçu comme un papier peint mouvant et onirique.

Nous espérons que cette seizième édition permettra de mesurer la fièvre et la richesse de ce monde artistique en mouvement, reflet de notre miroir quotidien.

... à la création d'un lieu identitaire

Ces formes nouvelles de l'expression artistique souffrent encore d'un manque d'espaces qui leur soient propres. Non qu'elles recherchent une "maison" comme le théâtre, la danse ou la musique, mais plutôt un espace d'expérimentation, un lieu qui ne serait pas dédié à une forme privilégiée mais qui les autoriserait toutes, les formes en cours et celles à venir. Un lieu ouvert dans la pratique et dans l'esprit. Un lieu d'accueil, de production, d'exposition, de rencontres. Forcément, un lieu de débat, de réflexion, de mobilisation critique autour des enjeux esthétiques, économiques, éducatifs, sociaux de l'image en mouvement et des nouvelles technologies de la communication.

C'est à Clermont-Ferrand, grande métropole du massif central, déjà capitale mondiale du court-métrage, que nous souhaitons créer ce "lieu intermédiaire" à l'instar d'autres grandes métropoles (Lieu Unique à Nantes, Subsistances à Lyon, Friche de la Belle de Mai à Marseille, etc.).

Osons donner une chance à l'expérience (16 ans déjà), à la ténacité, à la passion, à la force que représentent les réseaux mis en oeuvre localement, nationalement et internationalement, à une volonté affirmée de se projeter dans le futur !

Vincent Speller, Président
Gabriel Soucheyre, Directeur
Février 2001
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