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Galerie l'Art du temps, 14 rue de l'Oratoire
Musée d'Art Roger-Quilliot, Place Louis Deteix

Traversées, installations vidéo-chorégraphiques,
N + N Corsino (France)

   Traversées se compose de cinq installations vidéo construites sur la mobilité des sources d'images, des écrans et du regard. La lecture linéaire des films devient un espace fragmenté offrant une cartographie imaginaire. Une sorte de catalogue où chaque espace s'ouvre comme une rubrique. La continuité première, la présence du corps à la recherche des passages de la danse, reste le fil conducteur. Un autre regard, une autre échelle, des perceptions différentes pour le spectateur sont mis en jeu.
N + N Corsino (Nicole + Norbert Corsino)

   Traversées allie territoires multimédias et écriture du mouvement par ordinateur. N + N Corsino, utilisateurs pionniers des technologies numériques, s'interrogent ainsi sur la "délocalisation" et l'instrumentalisation du corps.
Dominique Frétard, Le Monde du 26 juin 99

     
 

   Le périple du visiteur-voyageur, corps immergé dans les strates et volumes des installations rencontre la plate forme d'un jardin planté de 24 tubes, tiges érigées qui offrent en corolles les mêmes formats miniatures d'écrans vidéo mobiles. Images noir et blanc y défilent, mémoire des vidéos de création des Corsino. Ca fonctionne comme un regard qui se déplace et vient se poser dans l'espace de l'image intimement, comme on se penche sur une fleur pour en sentir l'arôme. Sorti du jardin surélevé, on aborde l'écran fluide, liquide et invisible de l'image numérique et synthétique. Les espaces de la danse qui s'y inscrivent, les corps qui s'y émeuvent, sont virtuels. La toile tendue qui les accueille est comme un reflet de l'invisible. Les Corsino nous guident au delà du miroir : c'est bien le regard qui porte l'œuvre et renvoie une image qui n'est plus le simple reflet de la vision. Traversées, c'est un univers où il faut plonger, s'abandonner aux sons et aux images à tous les niveaux de l'espace. Le flux et le reflux convoquent à une immersion des sens, voisine de l'hypnose, de l'envoûtement. Les rémanences, les traces des corps qui traversent ces univers virtuels sont l'apanage de la magie qui procède de cet extrême travail scientifique de nos deux maîtres d'œuvre. La régie, les systèmes et automatismes concourent ici à la perfection de l'ensemble. Que voici une "installation" où la liberté du regard et du déplacement rejoint celle des espaces de la danse.
Geneviève Charras, Turbulences vidéo #25

   Exemple de nouvelle écriture de la représentation, Traversées plonge le public dans une expérience spectaculaire très neuve : sa déambulation met en mouvement des objets, déclenche des images. Environnement mouvant, sol souple sous les pas, mur courbe, un territoire interactif et poètique qui démultiplie les sensations du visiteur, lui inoculant une acuité de perception jamais expérimentée. Ainsi un nouveau spectateur, véritable éponge sensorielle, naît-il au creux de ces espaces multimédia si radicalement différents de la scène du théâtre. En déplaçant les frontières de l'art chorégraphique, les technologies nous projettent dans un monde inconnu. Mais irrésistible.
Rosita Boisseau in Télérama n°2605 15 décembre 1999

Production
commande publique de la Délégation aux Arts Plastiques
Coproduction : Centre d'Art Contemporain de la Ferme du Buisson, Danse 34, Productions Production associée : CICV Centre Pierre Schaeffer
Avec le soutien de la DRAC PACA, de la Ville de Marseille, du Conseil Régional Provence Alpes Côte d'azur, du Conseil Général des Bouches du Rhône et de la Fondation Beaumarchais

Nicole et Norbert Corsino sont chorégraphes et réalisateurs. Ils vivent à Marseille. Ils choisissent depuis 1986 de procéder à un glissement progressif de l'espace de représentation habituel, la scène théâtrale ou ses variations multiformes, vers un support audiovisuel, la vidéo. Ils intègrent des séquences en images numériques dans leur scénario vidéochorégraphique dès 1988, Le Pré de Mme Carle. En prolongement de leur démarche, ils créent pour la rentrée 92, une installation vidéo en relation à la chorégraphie et au site de la fiction 211 jours après le printemps . Ils sont lauréats 93 du Prix Villa Médicis Hors les Murs, pour une recherche sur logiciel Life Forms de composition chorégraphique interactive. Ils sont boursiers FIACRE,1994, en Art et Technologie (Délégation aux Arts plastiques). Ils fondent en 1987 et dirigent avec quatre autres chorégraphes, la structure Marseille Objectif danse, outil de promotion et de production de la Danse Contemporaine.

 

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